Interview / Sam Dougados

Sam Dougados est un artiste français habitant à Biarritz, il est spécialisé dans le land art et l’art environnemental. Voici une interview pour en savoir plus sur lui et son dernier projet de “beach-art”.

Où et quand es-tu né ?

je suis né à Strasbourg en aout 1976

Quand et comment as-tu débuté ta “carrière” artistique ?

j’ai toujours eu un rapport de coeur avec l’art, le dessin, le design etc. J’ai commencé à écrire à l’adolescence, plus tard m’essayais à la peinture, puis la sculpture et aujourd’hui le land art et les installations. Pour répondre précisément, je me suis consacré pleinement à l’art depuis 4 ans lorsque j’ai été licencié quelques mois après que mon ex m’ai quittée…un bon moment pour alors penser qu’à moi et faire vraiment ce que j’aime. J’en vis “à peu près” depuis 2 ans, suis inscrit officiellement en tant qu’artiste depuis janvier 2011.

Qu’est ce qui te plaît le plus dans les projets que tu entreprends ? (Qu’est-ce qui te fait vibrer en somme, te pousse à continuer ?)

l’art est une sorte de besoin, c’est une manière pour moi de matérialiser mes émotions. Ce que j’aime c’est donner vie à une idée, chercher et réussir à émouvoir. Finir une oeuvre est très jouissif, la voir “vibrer”, trouver son echo dans la nature ou ailleurs, provoquer une réaction. j’aime la beauté de manière générale et essaye de la saisir partout où elle peut se trouver, dans chaque instant, elle n’est jamais très loin, c’est un apprentissage peut-être et une gymnastique d’esprit. J’essaye d’en créer à mon tour dans mon travail. J’aime particulièrement travailler dans et avec la nature ainsi que de trouver une interactivité entre l’oeuvre et la nature, l’oeuvre et le public. j’aime quand ce n’est pas forcément figé, qu’il faille trouver un bon angle de vue par exemple qu’il faille attendre une lumière, du vent, qu’il y ai une vie dans l’oeuvre.

Sais-tu où tu trouves l’inspiration ?

mon inspiration viens de plusieurs choses: la nature m’inspire beaucoup car elle est vivante, changeante, j’essaye de manière générale d’amener l’art dans la nature et la nature dans mon art. L’approche de l’art par un côté provoc, interactif me plait également comme on peut la trouver facilement dans le street art. Je regarde beaucoup de blog et sites, d’oeuvres divers de l’art contemporain, de photos, de graphisme, de design..tout cela me nourrit quotidiennement et entretient, développe mon inspiration. Mes idées sont assez variées et j’aime les matérialiser. C’est très excitant de penser qu’on a trouvé une bonne idée et d’essayer de la mettre en oeuvre mais très dur de trouver cette bonne idée!!

Peux-tu m’en dire plus sur le beach-art ? Les étapes, la durée de réalisation, tout le processus et ce que tu ressens.

J’ai commencé cette forme d’art il y a 4 ans, un an après avoir vu un californien la pratiquer dans une vidéo de surf. J’étais assez interloqué par la dimension, la précision…j’ai gardé ça en tête et m’y suis mis un an après sur la plage de la côte des basques à Biarritz où je vis. C’est une plage idéale, couverte totalement à marée haute, en bas d’une falaise permettant des prises de vues intéressante et assez plate et grande pour m’exprimer largement.
Au début c’était un peu une manière de faire du buzz puisque j’ai commencé l’Eté et je me suis pris au jeu très vite, surtout avec le retour positif des promeneurs, baigneurs.. je me suis rendu compte de l’impact important que je pouvais avoir et ai commencé à inclure des messages. Etant très éphémère, j’ai naturellement pris des photos. Mes fresques me prennent entre 1 et 4h suivant la complexité, la dimension et les zones à remplir et disparaissent aussi vite. Petit à petit j’ai commencé à m’appliquer sur mes prises de vue puis sur le traitement de l’image. Aujourd’hui c’est un travail vraiment double car j’essaye de raconter une  histoire dans mes photos, amener une atmosphère particulière, une lecture plus poétique.
Le public fait vivre ce travail à sa manière, les enfants aiment bien s’approprier les fresques, jouer dedans et cela peut faire de belles photos. Je les fais imprimer sur de l’aluminium blanc ou brossé ce qui donne une texture et une luminosité particulière et intéressante pour ce travail.
Quand tu es quasi seul sur une immense plage en automne ou en hiver, cela peut être très grisant, les 5 sens en éveil. Peut de support t’offrent autant de surface d’expression, tu n’as pas de cadre comme sur une toile! C’est un lieu public, vivant, chaque jour est différent et c’est aussi pourquoi j’improvise largement. 2 fois sur 3 je ne sais pas d’avance ce que je vais faire.
J’aimerai également mélanger cette discipline avec d’autres comme la danse. J’ai déjà travaillé avec un jazzman et un peintre aussi.

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Mon but est de faire ce travail le plus largement possible dans le monde, un peu comme un gaffeur qui parcours les capitales du monde, j’aimerai réaliser des fresques sur de belles plages partout et rassembler les plus belles photos dans un livre. A ce jour j’en ai fait en France, Espagne, Maroc, Angleterre, Jersey et les Bermudes.
J’ai également des projets d’oeuvres, sculptures évolutives qui pourraient être installées en extérieur. J’ai commencé à m’attaquer à des installation et sculpture de grande taille et j’aime vraiment cela, m’exprimer en grand!

Et enfin, que vas-tu faire juste après avoir répondu à cette dernière question ? 

Démonter une partie d’une expo pour l’accrocher dans un autre endroit…et profiter de la fête de la musique!

 

Merci beaucoup :)

En savoir plus sur le site de Sam.